Chirurgie des glandes parathyroïdes
Que sont les parathyroïdes ?
Les parathyroïdes sont quatre petites glandes qui se situent dans le cou, autour de la thyroïde. Elles fabriquent et libèrent une hormone, la parathormone (PTH), qui aide à contrôler le taux de calcium dans le sang, dans les os et dans tout l’organisme.
Très important pour le fonctionnement des systèmes nerveux et musculaire, le calcium est le seul élément qui possède son propre système de régulation : les glandes parathyroïdes. Celles-ci régulent en continu la quantité de calcium dans le sang. Si le niveau de calcium diminue un peu, les parathyroïdes libèrent de la PTH et retirent du calcium pour le déverser dans le sang. A l’inverse, lorsque le taux de calcium dans le sang est élevé, elles s'arrêtent de produire de la PTH. La PTH a aussi un effet sur les reins et indirectement sur l’intestin (par l’intermédiaire de la Vitamine D).
L’hyperparathyroïdie primaire est caractérisée par une hypercalcémie due à une sécrétion inappropriée de PTH par une ou plusieurs glandes parathyroïdes. Le poids d’une glande parathyroïde normale est d’environ 40 mg et elles mesurent moins d’un centimètre.
L’hyperparathyroïdie primaire est une des causes les plus fréquentes d’hypercalcémie chez les patients ambulatoires. Elle est liée à un adénome unique dans 80 % des cas. La prévalence de l’hyperparathyroïdie aux États-Unis et en Europe a augmenté depuis le dépistage de routine de la calcémie dans les années 1970. L’hyperparathyroïdie primaire est plus fréquente chez la femme avec un ratio de 3/1, touchant 0.23% des femmes avec un pic d’incidence chez les femmes ménopausées, et une incidence de 3 cas sur 1000 chez les femmes de plus de 65 ans.
L’hyperparathyroïdie primaire est asymptomatique dans 80% des cas mais les manifestations cliniques présentes sont l’atteinte osseuse, comme l’ostéoporose, des calculs rénaux, les douleurs musculosquelettiques, la faiblesse musculaire et des troubles psychiatriques.
Le cancer parathyroïdien est une entité rare (<1%).
Les examens d’imagerie permettent de localiser de façon précise, de spécifier laquelle des quatre glandes parathyroïdes présente un adénome et d’exclure une localisation multiple ou ectopique. Ces examens permettent de prévoir une chirurgie minimale invasive définie par une approche unilatérale, avec une incision de petite taille, guidée par l’imagerie préopératoire, focalisée sur la lésion suspectée. Les examens préopératoires sont l’ultrason (échographie) cervical et le PET à la Choline.
En cas de chirurgie
Le traitement de l’hyperparathyroïdie sur un adénome parathyroïdien est la chirurgie.
Lorsqu’un·e patient·e bénéficie d’une chirurgie parathyroïdienne, l’entrée se fait le matin de l’intervention, à l’hôpital à jeûn. L’intervention nécessite une anesthésie générale avec une hospitalisation de deux jours pour bénéficier d’une surveillance la nuit après l’opération. L’incision se fait dans un pli du cou et mesure 4 cm. Pendant l’opération, un appareil appelé neuromonitoring est utilisé et permet de repérer le nerf laryngé récurrent qui innerve les cordes vocales. Grâce à cet outil le risque de lésion du nerf récurrent lors d’une chirurgie est inférieur à 1%. En cas d’irritation du nerf laryngé pendant la chirurgie, la voix est légèrement modifiée, comme éraillée, mais ceci est provisoire et ne dure que quelques semaines. Un deuxième outil utilisé pour la recherche des glandes parathyroïdes est la fluorescence permettant de visualiser les glandes parathyroïdes qui sont juste à côté de la glande thyroïde.
Après l’intervention qui dure 60 minutes, le ou la patiente peut boire et manger dès son réveil sans restriction. Les fils mis à la peau sont résorbables et il n’y a pas de fil à enlever. Le pansement est fait à base d’une colle protectrice et il est donc possible de se doucher dès le lendemain de l’intervention. Il n’y a pas de restriction sur la mobilité. Les valeurs de calcémie et de PTH se corrigent après 5 minutes et il est possible d’objectiver la guérison du ou de la patiente le jour même de l’opération par une prise de sang. Si la personne présente une ostéoporose, il sera nécessaire de prendre un comprimé de calcium deux fois par jour pendant une année pour améliorer sa densité osseuse.
Après parathyroïdectomie, la densité osseuse augmente de 5% en deux ans alors qu’elle diminue sans traitement d’environ 1%. Les taux de succès de l’intervention sont de 95% dans la littérature. La convalescence et l’arrêt de travail sont courts et varient de 3 à 10 jours. Le ou la patiente est revue en consultation 10 jours après l’intervention pour suivre les valeurs de calcium et de PTH avec un contrôle chez son endocrinologue ou son généraliste 6 mois après l’opération pour un suivi de sa calcémie.
Le PET à la choline
Il s’agit d’une technologie hybride composée d’une tomographie par émission de positons (PET) qui donne des informations sur le métabolisme des cellules et un scanner, qui lui, procure des informations sur la morphologie et l’anatomie.
A la fin de l’examen, un agent de contraste iodé est injecté et un scanner est effectué. La radiation reçue pendant cet examen est comparable à la plupart des examens radiologiques. Le produit radioactif ne provoque ni allergie, ni effet secondaire.
Suite à l’examen, le ou la patiente peut reprendre une activité normale. L’examen n’est pas douloureux. La durée d’acquisition des images est de 25 minutes, mais l’examen dure 2 heures au total.
Cet examen permet de localiser un adénome parathyroïdien unique, de détecter une maladie multi glandulaire ou encore de visualiser une glande parathyroïde ectopique (qui n’est pas à son emplacement habituel).
