Les nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité, comme Wegovy®, permettent aujourd’hui à certains patients d’obtenir des pertes de poids importantes. Mais lorsque le corps change rapidement, la peau ne se rétracte pas toujours dans les mêmes proportions. Ventre, bras, cuisses, seins : des excès cutanés peuvent persister malgré la stabilisation du poids et l’activité physique. Quand faut-il simplement laisser du temps au corps ? Et quand la chirurgie plastique peut-elle réellement apporter un bénéfice ? La Dre Teresa Rotunno, spécialiste FMH en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique au GHOL, nous explique les possibilités -et les limites- de cette chirurgie après amaigrissement.
Perdre beaucoup de poids est souvent l’aboutissement d’un long parcours.
Avec l’arrivée de nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité, les chirurgiens plasticiens rencontrent aujourd’hui des patients au profil parfois différent de ceux qui consultaient traditionnellement après une chirurgie bariatrique. Leur question est pourtant souvent la même : « J’ai perdu du poids, mais que puis-je faire de cette peau qui reste ? »
Pour la Dre Teresa Rotunno, la réponse ne commence pas nécessairement au bloc opératoire. Elle commence par comprendre ce qui s’est passé dans le corps, déterminer si le poids est suffisamment stable et identifier ce qui gêne réellement le patient.
Pourquoi la peau ne retrouve-t-elle pas toujours sa place ?
La peau possède une remarquable capacité d’adaptation. Lorsque le corps augmente de volume, elle s’étire. Lorsque le volume diminue, elle peut en partie se rétracter. Mais cette élasticité a ses limites.
Après une perte de poids importante, le volume de graisse situé sous la peau peut avoir fortement diminué alors que l’enveloppe cutanée reste trop importante pour la nouvelle silhouette.
L’âge, la génétique, la qualité de la peau, la durée du surpoids, l’importance de la perte pondérale, les grossesses, les variations de poids répétées ou encore le tabagisme peuvent influencer ce phénomène.
C’est pourquoi deux personnes ayant perdu le même nombre de kilos ne présenteront pas nécessairement le même relâchement.
Wegovy et les nouveaux traitements sont-ils responsables ?
C’est une confusion fréquente.
Les traitements comme Wegovy® ne doivent pas être considérés comme responsables, à eux seuls, d’une peau qui « tombe ».
Lorsqu’ils permettent une perte de poids importante, la diminution de la graisse sous-cutanée transforme les volumes du corps. Si la peau ne possède pas une élasticité suffisante pour accompagner cette transformation, un excès devient visible.
Ce phénomène est bien connu des chirurgiens plasticiens : il existe depuis longtemps chez les personnes ayant fortement maigri, notamment après une chirurgie bariatrique.
Les nouveaux traitements de l’obésité ne créent donc pas un nouveau problème de peau. Ils font surtout apparaître une nouvelle population de patients ayant connu une transformation corporelle importante sans avoir nécessairement subi de chirurgie pour perdre du poids.
Ventre, bras, seins, cuisses : quelles zones peut-on traiter ?
La chirurgie plastique après amaigrissement n’est pas une opération unique.
Elle consiste à analyser la silhouette dans son ensemble puis à déterminer quelles zones peuvent réellement bénéficier d’une correction.
Le ventre
C’est l’une des demandes les plus fréquentes.
Après une perte de poids importante, un excès de peau peut persister sous le nombril et parfois former un véritable tablier abdominal. Outre son aspect, celui-ci peut provoquer des frottements, des irritations, de la macération ou une gêne dans l’habillement et l’activité physique.
L’abdominoplastie permet de retirer une partie de cette peau excédentaire et de remodeler l’abdomen. Selon la situation, une évaluation de la paroi abdominale fait également partie du bilan.
Les bras
La face interne des bras est une autre région dans laquelle la peau peut avoir des difficultés à se rétracter.
Lorsque l’excès est important, le lifting des bras, ou brachioplastie, permet de retirer la peau excédentaire et de redessiner le contour du bras.
Le compromis doit être clairement expliqué : obtenir un bras plus tendu implique une cicatrice dont la longueur dépend de l’importance du relâchement.
Les seins
Après un amaigrissement important, les seins peuvent perdre à la fois du volume et du maintien.
La chirurgie peut alors viser à remodeler et remonter la poitrine. La technique est choisie en fonction de la morphologie, du volume restant et du souhait de la patiente.
Il ne s’agit donc pas simplement de « remettre du volume », mais de reconstruire des proportions adaptées à la nouvelle silhouette.
Les cuisses et la silhouette
Un relâchement important peut également apparaître à la face interne des cuisses, au niveau des fesses, des hanches ou du tronc.
Un lifting des cuisses ou d’autres interventions de remodelage corporel peuvent alors être discutés.
Lorsque plusieurs zones sont concernées, le rôle du chirurgien consiste aussi à établir des priorités : tout corriger lors d’une seule opération n’est pas toujours possible ni souhaitable.
Peut-on éviter la chirurgie grâce au sport ?
Le sport reste un allié essentiel.
Après une perte de poids, le renforcement musculaire contribue à préserver ou développer la masse musculaire, améliore la condition physique et peut redessiner les contours du corps.
Mais il existe une limite importante : le muscle peut être renforcé, la peau excédentaire ne peut pas être entraînée.
Lorsqu’un véritable excès cutané est installé, ni le sport, ni les crèmes, ni les massages ne permettent de retirer physiquement cette peau.
Cela ne signifie pas pour autant qu’une opération soit nécessaire.
Si l’excès est peu important et ne provoque aucune gêne, il peut parfaitement être accepté tel quel. La chirurgie devient intéressante lorsque le bénéfice attendu est suffisamment important pour justifier une intervention et les cicatrices qu’elle implique.
Chirurgie esthétique ou reconstructive ?
La frontière n’est pas toujours aussi nette qu’on l’imagine.
Pour certains patients, la demande concerne avant tout l’apparence de leur nouvelle silhouette.
Pour d’autres, l’excès de peau entraîne des conséquences fonctionnelles : irritations répétées dans les plis, difficultés d’hygiène, gêne pendant le sport ou la marche, inconfort dans les vêtements.
Et ces deux dimensions peuvent parfaitement coexister.
C’est précisément l’un des intérêts d’une consultation spécialisée : ne pas réduire la demande du patient à une question esthétique, mais comprendre ce que cet excès cutané représente réellement dans sa vie quotidienne.
Quand le bon moment pour opérer est-il arrivé ?
C’est probablement l’une des décisions les plus importantes.
Après une perte de poids importante, la silhouette continue à évoluer. Une partie de la peau peut encore se rétracter et le poids lui-même peut continuer à diminuer.
Opérer trop tôt expose donc à un résultat moins prévisible.
À l’inverse, il n’est pas nécessaire d’attendre indéfiniment lorsque le poids est stable, que l’excès cutané est constitué et qu’il provoque une gêne réelle.
Il n’existe pas de nombre magique de kilos perdus ni de délai universel après un traitement comme Wegovy®.
La Dre Rotunno évalue notamment l’évolution et la stabilité du poids, la qualité des tissus, l’état général, les traitements en cours, le tabagisme, l’état nutritionnel ainsi que le projet du patient.
Le bon moment n’est pas déterminé uniquement par la balance : il correspond au moment où le corps et le projet du patient sont suffisamment stabilisés pour envisager la chirurgie dans de bonnes conditions.
La nutrition et les muscles comptent aussi
C’est un aspect parfois oublié lorsque l’on se concentre sur les kilos perdus.
Une perte de poids importante ne concerne pas uniquement la graisse. La préservation de la masse musculaire et la qualité des apports alimentaires sont également importantes.
Et elles le deviennent encore davantage lorsqu’une intervention chirurgicale est envisagée.
Pour cicatriser, l’organisme a besoin de ressources suffisantes, notamment en protéines et en micronutriments. Selon le parcours et l’importance de la perte de poids, une attention particulière peut donc être portée à l’état nutritionnel avant l’opération.
La préparation d’une chirurgie de remodelage corporel commence ainsi parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois avant le bloc opératoire.
Peut-on traiter plusieurs zones lors de la même opération ?
Parfois, mais pas systématiquement.
Lorsqu’un patient présente un excès cutané au ventre, aux bras, aux cuisses et à la poitrine, vouloir tout corriger en une seule fois peut sembler séduisant.
Mais plus une intervention est longue et étendue, plus la récupération est exigeante et plus certains risques doivent être pris en considération.
Le chirurgien établit donc une stratégie avec le patient : quelles zones le gênent le plus ? Lesquelles doivent être traitées en priorité ? Quelles interventions peuvent raisonnablement être associées ?
Dans certaines situations, un parcours en plusieurs étapes offre un meilleur équilibre entre résultat, récupération et sécurité.
Et les cicatrices ?
Impossible de parler sérieusement de chirurgie après amaigrissement sans parler des cicatrices.
Pour retirer une quantité importante de peau, une incision est nécessaire. La cicatrice est donc la contrepartie du remodelage.
L’objectif du chirurgien est de la positionner autant que possible dans une zone discrète et compatible avec les vêtements, tout en obtenant une correction suffisante.
Avant l’intervention, le patient doit savoir où elle sera située, quelle sera approximativement sa longueur et comment elle évoluera.
Les cicatrices se modifient pendant plusieurs mois et leur qualité dépend aussi de facteurs individuels.
La bonne question n’est donc pas : « Aurai-je une cicatrice ? », mais plutôt : « Le bénéfice que j’attends de l’intervention justifie-t-il cette cicatrice ? »
Que faire de son traitement avant une opération ?
Les patients prenant encore Wegovy® ou un autre médicament destiné au contrôle du poids doivent impérativement en informer leur chirurgien et leur anesthésiste.
Certains de ces traitements peuvent notamment ralentir la vidange de l’estomac, ce qui doit être pris en compte autour d’une anesthésie.
Les recommandations dans ce domaine ont évolué et la situation doit être évaluée individuellement.
Il ne faut donc jamais interrompre son traitement de sa propre initiative avant une opération.
Le médicament utilisé, sa dose, la phase du traitement, d’éventuels symptômes digestifs, le type d’intervention et le profil du patient permettent à l’équipe médicale de déterminer la conduite à tenir.
« Je veux être opéré » ou « j’aimerais savoir ce qui est possible » ?
La deuxième question est probablement la meilleure façon d’aborder une première consultation.
Consulter un chirurgien plasticien ne signifie pas décider d’une opération.
La consultation sert d’abord à observer la silhouette, à écouter la gêne, à comprendre l’histoire du poids et à distinguer ce qui peut encore évoluer de ce qui relève d’un véritable excès cutané.
Parfois, la réponse sera d’attendre.
Dans d’autres situations, la chirurgie peut apporter un bénéfice important et différentes possibilités seront alors présentées.
Et parfois, le chirurgien peut aussi estimer que le bénéfice attendu ne justifie pas l’intervention.
Cette sélection fait pleinement partie de la qualité d’une prise en charge chirurgicale.
Au GHOL, une chirurgie pensée après la perte de poids
Au GHOL, la Dre Teresa Rotunno, spécialiste FMH en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique, accompagne les patients confrontés aux conséquences corporelles d’une perte de poids importante.
Son rôle ne consiste pas uniquement à retirer un excès de peau, mais à repenser les proportions d’une silhouette qui s’est profondément transformée.
Ventre, poitrine, bras, cuisses : chaque zone est analysée, mais le projet est envisagé dans son ensemble.
Lors de la première consultation, la Dre Rotunno évalue l’histoire de la perte de poids, sa stabilité, la qualité de la peau, la répartition des excès cutanés, l’état général et les attentes du patient.
Elle explique ensuite ce qui peut être corrigé, ce qui ne peut pas l’être, où seront situées les cicatrices et quel parcours opératoire peut être envisagé.
Lorsque plusieurs interventions sont nécessaires, elles peuvent être hiérarchisées et planifiées dans le temps.
La chirurgie plastique devient ainsi la dernière étape possible d’un parcours de transformation, et non une conséquence automatique de la perte de poids.
Son objectif : permettre au patient, lorsque l’indication est pertinente, de retrouver une silhouette plus fonctionnelle, plus confortable et plus cohérente avec son nouveau poids.
Les questions à poser à son chirurgien
Ma peau peut-elle encore évoluer sans intervention ?
C’est l’une des premières questions à poser. Selon la stabilité du poids, l’âge et la qualité des tissus, il peut être préférable d’attendre.
Quelle intervention serait la plus utile dans mon cas ?
Il faut partir de la gêne et de la morphologie du patient, et non d’une liste d’opérations.
Où seront mes cicatrices ?
Leur emplacement et leur longueur doivent être expliqués avant toute décision.
Peut-on traiter plusieurs zones ?
Oui dans certaines situations, mais une prise en charge en plusieurs étapes peut être préférable pour des raisons de sécurité et de récupération.
Mon traitement pour la perte de poids change-t-il quelque chose ?
Il doit être signalé au chirurgien et à l’anesthésiste. Sa gestion autour de l’intervention est déterminée individuellement.
Quand verrai-je le résultat définitif ?
Le résultat d’un remodelage corporel évolue progressivement. Gonflements et cicatrices continuent à se modifier pendant plusieurs mois.
