Les hôpitaux de Morges et de Nyon font scalpel commun 


Santé Les établissements hospitaliers de La Côte collaboreront sur deux spécialités médicales pointues. D’autres ententes suivront

Article du 24 heures Jeudi 30 novembre 2017

Les médecins-chefs des services de pédiatrie ont entamé une collaboration pour assurer les permanences.
PHILIPPE MAEDER

Raphaël Ebinger

La hache de guerre est enterrée entre l’Ensemble hospitalier de La Côte (EHC), à Morges, et le Groupement hospitalier de l’Ouest lémanique (GHOL), à Nyon. Le projet du premier d’ouvrir un cabinet de groupe dans la zone du second à Rolle est oublié. Les deux directeurs se sont retrouvés mercredi à Perroy, sur la frontière entre les deux districts, pour annoncer un accord de collaboration. Les deux établissements mettent en commun leurs compétences dans des disciplines spécialisées pour mutualiser leurs compétences. «Notre alliance sera permanente, souligne Daniel Walch, directeur du GHOL. Dans une époque où le contrôle des coûts de la médecine est une priorité, il nous a semblé opportun de concentrer les activités spécialisées.» Dans un premier temps, deux d’entre elles sont concernées. «D’autres suivront», promet son homologue François Jacot-Descombes, directeur de l’EHC. L’Hôpital de Nyon accueille ainsi le Centre l’obésité de La Côte, alors que Morges sera le pôle pour la chirurgie vasculaire.

Centre de l’obésité à Nyon

La première discipline était déjà une spécialité de l’établissement nyonnais. Elle sera renforcée. Toute la chirurgie bariatrique, qui vise à traiter l’obésité en restreignant l’absorption d’aliments, sera effectuée dans les blocs à Nyon. Une centaine d’opérations, pour réduire la taille de l’estomac ou la pose d’un anneau gastrique, sont attendues chaque année. Le nouveau centre comptera sur une équipe pluridisciplinaire (diététiciennes, psychologue, endocrinologue, médecin de la nutrition, chirurgien, coach sportif). Le suivi ambulatoire et les consultations seront par contre assurés sur les deux sites pour conserver un service de proximité. À l’inverse, la chirurgie vasculaire sera une spécialité morgienne. Après le départ à la retraite d’un médecin à Nyon, le GHOL a renoncé à engager un remplaçant. Les grosses opérations seront ainsi effectuées désormais à Morges. Celles de moindre importance seront toujours réalisées dans les blocs du GHOL. «En pratique, l’équipe de chirurgie vasculaire de l’EHC interviendra à Nyon. Ce qui permet d’y réaliser des actes nécessitant actuellement le transfert des patients au CHUV ou aux HUG», note François Jacot-Descombes. La création de centres de compétences dans les disciplines pointues comme les chirurgies bariatrique et vasculaire s’inscrit dans la politique menée par Pierre- Yves Maillard, conseiller d’État en charge de la Santé. En diminuant le nombre de sites pour ces disciplines, des économies et une amélioration des soins sont attendues. À noter que la collaboration entre les établissements ne s’arrêtera pas aux portes des blocs opératoires. Une coordination pédiatrique a également été créée. Les quatre médecins-chefs de chaque hôpital en font partie. Ce qui permettra d’assurer une permanence 24 heures sur 24 toute l’année sur les deux sites, avec plus de souplesse. L’un pourra suppléer l’autre dans les cas critiques. Il est arrivé que des médecins assument une permanence sur plusieurs semaines à cause de l’indisponibilité de leurs deux collègues à cause de vacances et d’accident.

Solution pour les seniors

Le GHOL et l’EHC entament en plus une réflexion pour diminuer la durée d’hospitalisation des seniors. À la suite de la suspension du projet de loi sur les Régions de santé, les deux établissements entendent prendre le relais du Canton pour proposer des solutions identiques sur les deux sites, déjà pionniers en la matière avec la présence d’infirmières des soins à domicile aux Urgences. Si, pendant de longues années, les hôpitaux de zone de La Côte se sont regardés en chiens de faïence, une période nouvelle s’ouvre. Les lourds investissements consentis pour la rénovation et l’extension des deux sites ont permis d’éloigner le spectre d’une fusion. La pression sur les coûts a accéléré la démarche de rapprochement qui semble inéluctable.